Célèbre dans toute l'Europe, John Dowland est
probablement le plus grand luthiste de son temps. Dowland occupe également
une place de premier plan dans l'histoire de la chanson et celle de la
mélodie. S'il eut comme prédécesseur William Byrd ou l'espagnol Luys Milan,
John Dowland, avec ses quatre livres d'ayres ou chansons au luth, il peut
être considéré (avec deux siècles d'avance) comme un précurseur de la
mélodie romantique.
On ne sait rien de ses origines, ni de son éducation. Dès 1580, John Dowland
est au service de l'ambassadeur d'Angleterre à Paris (jusqu'en 1584) et y
connaît l'air de cour français qui l'influencera pour ses propres chansons.
Dowland obtient le grade de Bachelor of music des universités d'Oxford et de
Cambridge, puis voyage en Allemagne, se fixant dans les cours de Brunswick
et de Hesse entre 1594 et 1598. Pendant cette période, il effectue un voyage
en Italie (1595) afin d'étudier à Rome avec Luca Marenzio; à Venise, il
devient l'ami de Giovanni Croce. Craignant d'être compromis avec les
"papistes" anglais réfugiés en Italie, John Dowland interrompt son voyage à
Florence et retourne à Nuremberg et à Kassel. De 1598 à 1606, il est
luthiste à la cour de Christian IV de Danemark, d'où il entreprend, en 1601,
un voyage en Angleterre pour aller acheter des instruments. Il s'établit
ensuite à Londres, mais n'obtient qu'en 1612 son premier emploi de musicien
à la cour d'Angleterre (second musician for the lutes); il passe les
quatorze dernières années de son existence au service de Jacques I et à
celui de son successeur, Charles Ier. |