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C'est à l'âge de onze ans, à la mort de son père Charles Couperin, qu'il
reçoit en héritage la charge d'organiste de l'Eglise Saint-Gervais, à
Paris. Il n'occupera cependant le poste qu'en 1685, à l'âge de 17 ans,
l'orgue étant tenu dans l'intérim par Michel Richard Delalande. Très tôt
cependant, il pratique l'instrument, grâce aux leçons de son oncle
François I, et surtout de Jacques Thomelin, organiste de Saint-Jacques la
Boucherie, et ami de longue date de la famille Couperin. Il n'est donc pas
surprenant que ce soit à l'orgue qu'il dédie ses premières compositions,
deux messes, réunies en un livre d'orgue (1690), qui révèlent des dons
exceptionnels pour un musicien de vingt ans, et vont très vite le rendre
célèbre, grâce aux nombreuses copies manuscrites qu'il diffuse lui-même.
Nommé en 1693, sur concours, organiste de
la Chapelle royale (poste qu'il conservera jusqu'en 1730), il accède
ensuite à la charge de Maître de clavecin des Enfants de France - il
enseigne notamment cet instrument au Dauphin (Duc de Bourgogne) - puis
d'« ordinaire de la musique du Roi ».
Son premier livre de clavecin paraît en
1713, assez tardivement, après beaucoup d'autres publications du même
type, notamment le 1er livre de Rameau (1706). Après les Leçons de
Ténèbres (1714-1715), il compose pour le Roi vieillissant les célèbres
Concerts royaux, suivis des Goûts réunis, selon les modèles de la suite
française. Après l'Art de toucher le clavecin (1716), il publie trois
nouveaux livres de clavecin (1717, 1722, 1730), et réédite ses sonates
de jeunesse, italianisantes, en les complétant d'une suite française Les
Nations.
Il meurt en 1733, après avoir abandonné
ses charges d'organiste à Saint-Gervais (1723), puis à la Chapelle
Royale (1730), probablement pour des raisons de santé. Musicien de
génie, Couperin, curieusement ne fit pas une carrière exceptionnelle,
beaucoup moins brillante qu'il n'y paraît en tout cas. Modestie ou
maladie ? Il est bien difficile de le dire, vu le peu de choses que nous
savons de sa vie intime...
Son génie a été de réussir la synthèse
des goûts italien, hérité de Corelli, et français, caractérisé par un
sens de l'humour et de la mesure, et une fraîcheur d'inspiration
mélodique qui en font l'un des plus grands musiciens français de tous
les temps.
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